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Toulouse: château, vino et sangre de toro

Toulouse

Toulouse : J’ai couché seul dans un château, j’ai vu d’énormes animaux mourir au bout de leur sang et j’ai croisé Mickey à Carcassonne. On cherche le mensonge et on vote.

À peine revenu de notre roadtrip au Québec* ma douce reprend le boulot. Moi, j’ai encore quelques jours de libres avant de reprendre le micro à Énergie. Mon ami Philippe me raconte qu’il a encore 13 semaines de vacances à prendre avant la fin de l’année.
*Roadtrip québécois. Mes bonnes adresses.
*Suite. Roadtrip québécois. Mes bonnes adresses.

Toulouse!

PAF! 48 heures plus tard on est à Toulouse, France. L’ami Phil y était allé à quelques reprises avec son ex, d’origine française. Ça donne toujours un avantage pour éviter les tourists traps et aller aux bons spots. Premier constat, la couleur à la mode à Toulouse c’est le rose. En fait, la majorité des bâtiments sont en briques roses. Ça lui donne un look chaud. On remarque bien qu’on est pas loin de l’Espagne. Deuxième constat, mon chum Phil s’est remit à la cigarette! Y sera pas content de lire ça…

Comme notre arrivée s’est fait en matinée, on se meurt pour un latté et un croissant. Première terrasse, le café St-Sernin, nous voilà, on se la joue à la française.

-S’il vous plaît! Deux croissants et deux cafés crème-eee.
– On a plus de croissants.
– Vous en avez plus?
– Ben non, j’viens d’vous l’dire!!!

Tout d’un coup, dans ma tête je redeviens québécois. Y’a des tappes sa yeule qui s’pardent!!!!! Mais ça c’est juste dans ma tête. On « calle » nos cafés crême-eee et je vais m’empiffrer au resto voisin. On se dirige ensuite vers notre quartier général. Pas besoin de vous dire que vous verrez pas de lien sur mon blogue pour vous renseigner sur le café St-Sernin!

Location, location, location!

Notre Airbnb ne peut pas être plus central. Place du Capitole, l’édifice emblématique de la ville rose qui abrite à la fois l’hôtel de ville et le théâtre du Capitole.

C’est un édifice à couper le souffle. À l’intérieur on y retrouve les bureaux de l’hôtel de ville mais aussi la salle des illustres. Inaugurée en 1898, elle est à peine plus petite que la galerie des glaces de Versailles. Y faut préparer ses pupilles parce que des dorures, des peintures, des bustes et du marbre, en veux-tu en v’là!

Airbnb baby!

On est logé à deux pas de là, dans un genre de grenier ou la seule fenêtre est dans le toit.

https://www.toulouse-tourisme.com/le-capitole

Après s’être rafraîchi, on cherche à se désaltérer. On marche, afin de découvrir la ville et « spotter » l’endroit idéal pour le premier drink. Il y’a une terrasse sur le toit des Galeries Lafayette. On monte pour se rendre à Ma biche sur le toit. C’est le nom de la terrasse…calmez-vous! C’est vrai que c’est probablement la plus belle vue de Toulouse. La place est belle, juste assez chic, un tout petit peu guindé avec des drinks un peu trop chers. Mais bon, on est là, aussi bien faire cul sec!

Toulouse est remplie d’histoire. On visite le musée d’archéologie Saint-Raymond pour en savoir plus.

Le musée d’archéologie Saint-Raymond

Le bâtiment qui nous accueille est un ancien collège universitaire construit en 1523 avec des milliers de briques. On apprend qu’on est au pays des Gaulois. On observe des vestiges qui ont été laissés par ces Gaulois ou des Romains du coin, qui, s’ils n’étaient pas forcément les ancêtres des Toulousains, ont largement permis de construire l’identité de la région.

À la bouffe!

Phil et moi on a plusieurs points en commun. Où qu’on soit sur la planète, à 15h-15h30, c’est l’heure de l’espresso et vers 17h, c’est l’heure de l’apéro!

Une fois la caféine dans nos veines, on reviens à notre casa pour se débarbouiller (y faisait quand même 30 degrés) et se trouver un resto. C’est un autre point qu’on a en commun. On aime bien trouver les perles rares, les restos qui offrent une super expérience avec une saveur locale, sans qu’on ait besoin de réhypothéquer notre maison. Ok, ceux qui connaissent Phil savent qu’il habite un appart, mais faites-pas vos smatts!

On passe donc un bon moment sur le web afin de dégoter ces trésors culinaires Occitans. Ce soir, on jette notre dévolu sur le restaurant J’GO

http://lejgo.com/accueil

Denis Meliet le proprio était un « local ». Au J’GO, rien de surgelé, tout est fait maison et tous les produits sont locaux, de chez l’artisan. Il disait:

« Puisqu’il faut bien se définir (…) moi, je veux bien qu’on me classe dans la catégorie des ploucs. Je corresponds parfaitement à la définition. Je suis fils et petit-fils de paysan. J’ai grandi dans le monde rural. Je peux paraître mal dégrossi, un peu rustre aussi, parfois. D’ailleurs, on est tous un peu ploucs, ici, au J’Go.
Et c’est très bien comme ça. »

Il est décédé le 3 juin 2019. Il aura eu le temps d’ouvrir des J’GO aussi à Paris et Marciac.

Phil et moi on trippe solide sur l’ambiance dans les rues et sur les terrasses en cette fin de journée. On se clanche une planche d’échine séchée de porc noir de Bigorre, Houmous maison, tomates cocktails et « quelques » verres de vin rouge d’ici.

Cheers!

Parlant de vin, quand j’ai dit à mon pote Philippe Lapeyrie que j’allais à Toulouse, il m’a répondu que je DEVAIS aller visiter les vignobles d’Alain Brumont. Quand ton chum sommelier te dit ça, tu rouspètes pas et tu y vas. D’autant plus qu’il a fait les démarches pour moi. Alain et sa femme nous attendaient.

Le maître

Alain Brumont a commencé par travailler pour son père pendant 15 ans. En 1980 il se retrouve avec deux châteaux. Le Bouscassé et le Montus. Il devient un vigneron inventif et intuitif qui a un immense respect pour la nature. On a rendez-vous avec lui dans la cour du château Montus. En arrivant, on l’aperçoit avec une journaliste espagnole et son photographe. Comme on est un peu en retard sur notre rendez-vous, je le sens un peu sec au premier abord. Il nous fait entrer dans le mini-groupe pour la visite. On est dans les vieux chais. Alain nous lance, tu vois ces immenses barils en bois, ils sont tellement vieux que même Napoléon a bu du vin qu’ils ont contenu. Wow! Ça fesse comme début de présentation! On visite le nouveau chai, à la fine pointe, le moins qu’on puisse dire c’est que ce gars-là lésine pas sur la qualité. C’est déja l’heure du diner. On est invité à leur table, mais on n’est pas seuls.

La bouffe

Manger chez Alain Brumont, c’est comme être dans un grand resto, sans le côté guindé. Ça ressemble presque à une cuisine d’été. Alain sait ce qu’il fait et ce qu’il veut. Il demande aux invités de se présenter à tour de rôle. Il présente ensuite les plats (tous locaux) et surtout les vins qui les accompagnent.

Alain nous montre ses vignes, ses différents sols et cépages. Le gars n’est pas une tortue au volant de son SUV. Comme disait un québécois qui a enflammé le web en sortant d’un bar : Téquila, Heineken, pas l’temps d’niaiser! Sauf que pour Alain c’est : Madiran, côte de Gascogne, pas le temps de m’emmerder!

Olé!

Après avoir fait le tour du propriétaire je dis à Alain qu’on veut le laisser travailler. Il nous propose donc d’aller assister à une corrida dans une ville voisine, Mont-de-Marsan. À voir ma face, il comprend tout de suite et enchaine en nous expliquant que c’est une corrida portugaise et qu’y a donc pas de mise à mort. On saute dans notre Renauld et en moins de temps qui faut pour crier Olé! on est en face du stade. L’ambiance tout autour est à la kermesse. On achète nos billet. 75$ CHAQUE! Tant qu’à se payer la totale, on se « call » deux verres de champagne…dans une flute en plastique. Corrida, champagne, pas l’temps d’niaiser!

Sangre del toro…

On arrive à nos sièges.

Premier constat, y’en a pas… de sièges. C’est des marches de béton ou y’a des numéros. Tu trouves le tien, tu y déposes tes fesses. Si t’es un habitué, t’as apporté un « ti coussin à popotin ». Le stade est pas mal plein, mais dans notre section, y’a encore un peu de place. On demande à notre voisin de se décaler de quelques places, question de ne pas être entassé comme des taureaux dans un enclos. Il me répond, de son accent occitan que c’est SA place et il y reste. Le dude connait tous les règlements de la corrida. Il crie les bonnes choses au bon moment et il jouit un peu quand le toréador réussit à gagner sur l’animal.

Deuxième constat, on est du côté ensoleillé. Ah! pas grave vous vous dites. Y fait 40 degrés, pas de vent assis sur du béton, qui a eu le temps d’emmagasiner la chaleur. J’ai la cuisse gauche collée sur mon voisin occitan, qui, sans le juger, a encore l’air de vivre à l’époque d’Astérix, et la droite sur celle de mon ami Phil. J’adore le gars, mais je tiens pas à tant de rapprochement avec mon bro! Je sens la peau de mes fesses comme le dessous de ma pâte quand je cuisine la pizza dans mon four à bois.

Troisième constat, du champagne chaud, c’est d’la marde!

Quatrième constat, c’est pas une corrida portugaise! Y’a donc mise à mort!

Shit!

Quand je m’en rend compte, je suis sous le choc. J’aime vraiment pas ça! Je dis aussitôt à Phil: si c’est ça, moi je sors! Il est du même avis. OK, c’était peut-être un spécial, on reste pour un autre « numéro » et si c’est encore ça, on décâlisse!

Comment vous décrire en quelques mots comment ça se passe. Le taureau arrive dans l’arène, t’as des toréadors sous-fifres qui commencent par l’étourdir. On y plante quelques pics dans l’échine, juste pour le « réchauffer ». Ensuite arrive un cavalier sur un cheval plus paddé que Carey Price. Le cheval a les yeux bandés. Le cavalier attire le taureau, qui est déjà « primé », qui fonce dans le cheval. Pendant ce temps, le cavalier s’affaire à lui planter des lances dans l’échine. Une scène d’une tendresse inouïe #not! Quand le taureau commence à voir des étoiles, arrive le toréador vedette. Une espèce de frais chier qui vient finir le boulot afin de repartir avec tous les honneurs. Je pense que vous commencer à savoir comment je me sens face au spectacle.

Aparté: Ils liment les cornes des taureaux pour qu’elles ne soient pas trop piquantes et dangereuses.

Je me surprends à prendre pour le taureau. Tous ces hommes qui mettent en place cette mascarade pour faire voir qu’ils sont plus forts que la bête. Je me dis : Viens te pogner dans un champ sans tes chums, juste contre le taureau qui a pas les cornes « chimées »… Ça y’est, c’est clair, je prends pour le taureau! Évidemment, le taureau perd, dans tous les sens du mot. La partie et tout son sang, nous on perd patience et on sort illico du stade. Sous le choc. On se retrouve sur la terrasse, on se « call » deux bouteilles d’eau et on les « calent » sans dire un mot. On reste muets pendant un bon dix minutes. Ce qui n’est pas dans nos habitudes. Je fends le silence: Je veux pu jamais vivre ça! Phil enchaine: Moé non plus.

Vie de château

Alain Brumont nous a dit qu’on allait coucher au château. Yesss! Il me texte

Vous serez les seuls invités ce soir au château. Bonne nuit, voici le code de la porte: 5 …

Ah! Ah! vous pensiez que j’allais vous le donner!!!! Amateurs!!!!

On prend la décision de passer à l’épicerie, afin de souper au château. Ça arrive combien de fois dans une vie d’avoir un château à soi pour au moins douze heures?

En entrant dans le château, y s’est passé des choses bizarres. Mon chum Phil s’en est presque étouffé avec sa cigarette. Je vous en parle dans mon prochain post … Agace que je suis!

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